Décembre

Chères clientes, chers clients !

Une première pour moi, depuis des années. C’est bientôt Noël, le mois du chocolat, et je ne suis pas dans ma boutique…. Je ne peux m’empêcher de penser à vous. Et j’espère que vous allez trouver du bon chocolat. Il y en a tout de même de plus en plus et c’est heureux !

Un court message pour vous dire que je vais bien et que je vous prépare une surprise pour l’année 2022.

Pour l’instant, je vous recommande le livre fraîchement édité de Clémence Catz : « Chocolat Végétal » dans lequel j’ai eu le plaisir de répondre aux questions de Clémence (que je remercie infiniment) sur le sujet qui m’anime : le chocolat éthique. C’est cet article que je vous offre ci-dessous !

Je vous souhaite un très beau mois de décembre !

Soyons joyeux, car c’est la joie qui nous sauvera !

Laurence

 

1/ Qu’est ce qui a motivé la création de Chocolatitudes ?

 

Avant d’évoquer les débuts de Chocolatitudes, je dois te parler de son évolution. En effet, fondée fin 2006, ma chère petite boutique a définitivement fermé ses portes début 2021, par choix et non par obligation, ce qui est donc une bonne nouvelle. Pour autant, Chocolatitudes continue puisque je me consacre maintenant à une activité de conseil, notamment auprès de porteurs de projet « chocolats éthiques », et une activité de transmission sous forme de conférences, livres et dégustations. Mais revenons quelques années en arrière. Après des études de Sciences Naturelles, j’ai eu la chance de croiser la route du cacaoyer en réalisant une thèse sur sa multiplication par clonage, au CIRAD (organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes). Dès 1993, c’est en Côte d’Ivoire que j’ai rencontré le cacaoyer et que je me suis rendue compte de la vie des planteurs de cacao et, plus largement, du déséquilibre économique mondial. Cette première expérience m’a assurément permis de voir les choses autrement et de me sensibiliser sur ces questions d’éthique. De me réveiller, en quelque sorte ! Puis, j’ai continué ces recherches scientifiques jusqu’à la création de Chocolatitudes. J’ai continué à voyager dans le monde entier, et à me faire un avis encore plus précis sur ce fameux déséquilibre économique, à constater les problèmes écologiques et à réfléchir sur l’impact de mes recherches, et des recherches en général, sur la vie des planteurs de cacao et sur les écosystèmes tropicaux. Désillusionnée et souhaitant être plus en accord avec moi-même, j’ai démissionné et fondé Chocolatitudes : un lieu pour mettre à la disposition des consommateurs et pour promouvoir des chocolats beaucoup plus éthiques. Maintenant, cela paraît assez banal, mais en 2006, la situation était toute autre : l’offre assez restreinte, et les railleries au sujet du bio et du commerce équitable, fort répandues… Mais cela ne m’a pas découragée, bien au contraire.

2/ Le chocolat éthique, c’est quoi selon toi ?

 

Je baigne dans le chocolat éthique depuis si longtemps, qu’au fil du temps, ma définition est devenue de plus en plus exigeante. Donc, à ce jour, pour moi, un chocolat éthique devrait avoir les critères suivants. Le cacao, et tous les ingrédients qui entrent dans la composition des tablettes ou autres produits chocolatés, devraient être issus d’agriculture biologique, si possible, biodynamique et/ou de culture type agroforesterie (notamment pour le cacao lui-même). Le cacao devrait être issu de petites plantations dont les planteurs sont les propriétaires, donc plus ou moins autonomes et/ou associés en coopératives. Leur acheter un cacao au prix juste leur permet de vivre de leur travail, et surtout de ne pas faire travailler leurs enfants. Évidemment, le planteur ne devrait en aucun cas utiliser des petits esclaves, venus de pays limitrophes, comme c’est trop souvent le cas en Afrique. Et puis, je suis de plus en plus sensibilisée aux conditions de vie des plantes. Il faudrait donc penser aussi aux cacaoyers, et autres plantes cultivées. Sont-elles respectées et considérées comme des êtres vivants à part entière ? Ceci est un vrai challenge. Si nous nous plaçons maintenant au niveau de la transformation des fèves en chocolat, plusieurs autres critères sont, pour moi, importants. J’aime que le chocolat soit transformé dans les pays producteurs de cacao, afin que la valeur ajoutée reste dans le pays. De ce point de vue l’Équateur est exemplaire ; pionnier dans ce domaine, il a inspiré de nombreux autres pays. Lorsque la transformation se fait en France, j’aime privilégier les toutes petites entreprises locales, et notamment les chocolatiers qui transforment eux-mêmes les fèves en chocolat. La bonne nouvelle, c’est que de tels chocolatiers, que l’on nomme « bean-to-bar », sont de plus en plus nombreux et tendance, en France. Attention, il y a un vrai risque que de telles entreprises jouent la carte de l’effet mode et du luxe, avec des prix exagérés. J’aime privilégier des artisans authentiques faisant partie d’une chaine de solidarité avec le planteur. Personnellement, je ne souhaite pas que mon chocolat soit trop sucré et qu’il soit agrémenté de produits issus du monde animal (lait, beurre, crème, miel…) là encore pour des raisons éthiques. Tu vois, le terme si simple « éthique » cache de nombreux sujets et de cases à cocher. Ainsi, je conseille à chacun d’acheter un chocolat qui correspond à ses propres valeurs. Bien entendu, ce chocolat doit vous plaire gustativement ! Enfin, je suis obligée de mentionner les consommateurs et les chefs locavores qui acceptent de ne plus consommer ni utiliser de chocolat du tout !

 

3/ As-tu des conseils « consommateurs » pour repérer les chocolats éthiques en magasin (étiquette, labels etc) ?

 

Là encore, chacun devrait se poser la question de ses propres limites. En fonction de celles-ci, il faut évidemment lire la liste des ingrédients, se renseigner sur ce qui se cache derrière les différents labels, logo, réglementations, et cela peut demander du temps et de l’énergie. Une petite astuce toute simple : privilégiez les tablettes de chocolat dont la provenance des fèves de cacao est indiquée. Vous pouvez également fréquenter des boutiques spécialisées et poser des questions aux personnes présentes, censées pouvoir vous répondre précisément. Certains chocolatiers, vendeurs, se préoccupent peu de ces questions. Les clients ont donc aussi leur rôle à jouer en leur posant des questions sur la provenance de leur cacao. Chacun est utile. Osons sortir de nos habitudes automatiques et peu éthiques, car nous avons tous une responsabilité. Et surtout, surtout, soyons convaincus qu’il n’y a pas de petites actions. Mère Teresa disait que ce qu’elle faisait était une goutte dans l’océan, mais qu’elle devait la faire. C’est un peu la même chose que la légende du Colibri remise en lumière par Pierre Rabhi.

 

4/ Un bon chocolat blanc ou au « lait » 100% végétal, c’est possible ?

 

Oui, bien entendu. Depuis plusieurs années, les personnes intolérantes au lactose et les personnes ne consommant plus de produits animaux pour des raisons éthiques, ont fait évoluer la situation. Ainsi, de plus en plus de chocolats blancs et au lait 100% végétal sont créés. Le lait de vache est soit remplacé par des poudres de boissons végétales (amande, riz par exemple) soit par des purées d’oléagineux (noisette, amande, coco, cajou, arachide…) qui adoucissent le goût corsé du cacao. J’apprécie également lorsque ces produits sont peu sucrés.

 

5/ As-tu constaté un changement dans la consommation ces derniers mois /années ?

 

Incontestablement, la consommation chocolat évolue. Entre le début de Chocolatitudes et aujourd’hui, l’offre s’est considérablement élargie et chacun peu trouver son bonheur, y  compris au niveau de la torréfaction des fèves de cacao, notamment avec le chocolat cru. Cela dit, cette évolution est très lente, et la majorité du chocolat consommé en France est malheureusement industriel et pas vraiment éthique, même si les grandes marques saisissent ce marché. Mais quelle est l’authenticité derrière ces démarches ? Je laisse à chacun le soin d’y réfléchir.

 

6/ Quel avenir pour le « bon » chocolat ?

 

J’espère de tout cœur que le chocolat éthique et de qualité sera majoritairement produit et consommé dans les années qui viennent, et que le bien-être des cacaoyers, et autres plantes consommées, sera enfin pris en compte. Cela dit, le cacao étant un produit d’exportation, ce type de chocolat pourrait devenir de plus en plus cher, de plus en plus rare. Les locavores ont une sacrée avance sur nous, les amateurs de chocolat. Nous verrons bien ce que l’avenir nous réserve en ces temps pleins de surprises !

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